Job prit la parole et dit :2 En vérité, je sais bien qu’il en est ainsi : l’homme pourrait-il se justifier devant Dieu ?3 A celui qui se plaît à discuter avec lui, il ne répond même pas une fois sur mille.4 Parmi les plus sages et les plus robustes qui donc lui tiendrait tête impunément ?5 Il déplace les montagnes à leur insu et les renverse dans sa colère.6 Il ébranle la terre de son site et fait vaciller ses colonnes.7 A sa défense, le soleil ne se lève pas, il met un sceau sur les étoiles.8 Lui seul a déployé les Cieux et foulé le dos de la Mer.9 Il a fait l’Ourse et Orion, les Pléiades et les Chambres du Sud.10 Il est l’auteur d’oeuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter.11 S’il passe sur moi, je ne le vois pas et il glisse imperceptible.12 S’il ravit une proie, qui l’en empêchera et qui osera lui dire : « Que fais-tu ? « 13 Dieu ne renonce pas à sa colère : sous lui restent prostrés les satellites de Rahab.14 Et moi, je voudrais me défendre, je choisirais mes arguments contre lui ?15 Même si je suis dans mon droit, à quoi bon lui répondre ? C’est mon juge qu’il faudrait supplier.16 Et si, sur mon appel, il daignait comparaître, je ne puis croire qu’il écouterait ma voix,17 lui, qui m’écrase pour un cheveu, qui multiplie sans raison mes blessures18 et ne me laisse même pas reprendre mon souffle, tant il me rassasie d’amertume !19 Recourir à la force ? Il l’emporte en vigueur ! Au tribunal ? Mais qui donc l’assignera ?20 Si je me justifie, sa bouche peut me condamner ; si je m’estime parfait, me déclarer pervers.21 Mais suis-je parfait ? Je ne le sais plus moi-même, et je fais fi de l’existence !22 Car c’est tout un, et j’ose dire : il fait périr de même l’homme intègre et le méchant.23 Quand un fléau mortel s’abat soudain, il se rit de la détresse des innocents.24 Dans un pays livré au pouvoir d’un méchant, il met un voile sur la face des juges. Si ce n’est pas lui, qui donc alors ?25 Mes jours passent, plus rapides qu’un coureur, ils s’enfuient sans voir le bonheur.26 Ils glissent comme des nacelles de jonc, comme un aigle fond sur sa proie.27 Si je décide de refouler ma plainte, de changer de mine pour faire gai visage,28 l’effroi me saisit en face de tous mes maux, car, je le sais, tu ne me tiens pas pour innocent.29 Et si j’ai commis le mal, à quoi bon me fatiguer en vain ?30 Que je me lave avec de la saponaire, que je purifie mes mains à la soude ?31 Tu me plonges alors dans l’ordure, et mes vêtements mêmes me prennent en horreur !32 Car lui n’est pas, comme moi, un homme : impossible de lui répondre, de comparaître ensemble en justice.33 Pas d’arbitre entre nous pour poser la main sur nous deux,34 pour écarter de moi ses rigueurs, chasser l’épouvante de sa terreur !35 Je parlerai pourtant, sans le craindre, car je ne suis pas tel à mes yeux !
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Job 9,1-35
Posted in adversité (épreuve), colère de Dieu, créateur (création), humilité (humble), justice (justification, juste), oeuvre du Seigneur, silence de Dieu with tags Job on 27 décembre 2013 by JLJob 5,1-27
Posted in oeuvre du Seigneur, Uncategorized with tags Job on 27 décembre 2013 by JLAppelle maintenant ! Est-ce qu’on te répondra ? Auquel des saints t’adresseras-tu ?2 En vérité, le dépit tue l’insensé et l’emportement fait mourir le sot.3 J’ai vu ceci, moi : l’un d’eux prenait racine, quand sa demeure fut soudain maudite.4 Ses fils sont privés de tout appui, accablés à la Porte sans défenseur ;5 leur moisson nourrit des affamés, car Dieu la leur ôte de la bouche, et des hommes altérés convoitent leurs biens.6 Non, la misère ne sourd pas de terre, la peine ne germe pas du sol.7 C’est l’homme qui engendre la peine comme le vol des aigles recherche l’altitude.8 Pour moi, j’aurais recours à Dieu, à lui j’exposerais ma cause.9 Il est l’auteur d’oeuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter.10 Il répand la pluie sur la terre, envoie les eaux sur les campagnes.11 S’il veut relever les humiliés, pousser les affligés au comble du bonheur,12 il déjoue les desseins des astucieux, incapables de mener à bien leurs intrigues.13 Il prend les sages au piège de leurs astuces, rend stupides les conseillers retors.14 En plein jour ils se heurtent aux ténèbres, ils tâtonnent à midi comme dans la nuit.15 Il arrache de leur gueule l’homme ruiné et le pauvre des mains du puissant.16 Alors le faible renaît à l’espoir et l’injustice doit fermer la bouche.17 Oui, heureux l’homme que Dieu corrige ! Aussi, ne méprise pas la leçon de Shaddaï.18 Lui, qui blesse, puis panse la plaie, qui meurtrit, puis guérit de sa main,19 six fois de l’angoisse il te délivrera, et une septième le mal t’épargnera.20 Dans une famine, il te sauvera de la mort ; à la guerre, des atteintes de l’épée.21 Tu seras à l’abri du fouet de la langue, sans crainte à l’approche du pillard.22 Tu riras de la sécheresse et du gel et tu ne craindras pas les bêtes de la terre.23 Tu auras un pacte avec les pierres des champs, les bêtes sauvages seront en paix avec toi.24 Tu trouveras ta tente prospère, ton bercail au complet quand tu le visiteras.25 Tu verras ta postérité s’accroître, tes rejetons pousser comme l’herbe des champs.26 Tu entreras dans la tombe bien mûr, comme on entasse la meule en son temps.27 Tout cela, nous l’avons observé : c’est la vérité ! A toi d’écouter et d’en faire ton profit.
2 Maccabées 3,1-40
Posted in attributs et noms divins, ciel (cieux), joie divine (jubilation), miracle (guérison, signe), oeuvre du Seigneur, prière d'intercession, puissance divine, ténèbre, temple (sanctuaire), vision (songe, extase) with tags Maccabées 2 on 25 décembre 2013 by JLTandis que la ville sainte était habitée dans une paix complète et qu’on y observait les lois le plus exactement possible, à cause de la piété du grand prêtre Onias et de sa haine pour le mal,2 il arrivait que les rois eux-mêmes honoraient le saint lieu et rehaussaient la gloire du Temple par les dons les plus magnifiques,3 si bien que Séleucus, roi d’Asie, couvrait de ses revenus personnels toutes les dépenses nécessaires au service des sacrifices.4 Mais un certain Simon, de la tribu de Bilga, institué prévôt du Temple, se trouva en désaccord avec le grand prêtre sur la police des marchés de la ville.5 Comme il ne pouvait l’emporter sur Onias, il alla trouver Apollonius, fils de Thraséos, qui était à cette époque le stratège de Coelé-Syrie et de Phénicie.6 Il rapporta que le trésor de Jérusalem regorgeait de richesses indicibles au point que la quantité des sommes en était incalculable et nullement en rapport avec le compte exigé par les sacrifices : il était possible de les faire tomber en la possession du roi.7 Au cours d’une entrevue avec le roi, Apollonius mit celui-ci au courant des richesses qu’on lui avait dénoncées. Arrêtant son choix sur Héliodore, qui était à la tête des affaires, le roi l’envoya avec ordre de procéder à l’enlèvement des susdites richesses.8 Aussitôt Héliodore se mettait en route, en apparence pour inspecter les villes de Coelé-Syrie et de Phénicie, en fait pour accomplir les intentions du roi.9 Arrivé à Jérusalem, et reçu avec bienveillance par le grand prêtre et par la ville, il fit part de ce qu’on avait dévoilé et manifesta le but de sa présence, demandant ensuite si véritablement il en était ainsi.10 Le grand prêtre lui représenta que le trésor contenait les dépôts des veuves et des orphelins11 et une somme appartenant à Hyrcan, fils de Tobie, personnage occupant une très haute situation, et qu’à l’encontre de ce que colportait faussement l’impie Simon, il y avait en tout 400 talents d’argent et 200 talents d’or ;12 qu’au reste il était absolument impossible de faire tort à ceux qui s’étaient confiés à la sainteté de ce lieu, à la majesté et à l’inviolabilité d’un Temple vénéré dans le monde entier.13 Mais Héliodore, en vertu des ordres qu’il avait reçus du roi, soutenait absolument que ces richesses devaient être confisquées au profit du trésor royal.14 Au jour fixé par lui, il entrait pour dresser un inventaire de ces richesses. Une grande anxiété régna dans toute la ville.15 Revêtus de leurs habits sacerdotaux, les prêtres, prosternés devant l’autel, invoquaient le ciel, auteur de la loi sur les dépôts, le priant de conserver ces biens intacts à ceux qui les avaient déposés.16 A voir l’aspect du grand prêtre, on ne pouvait manquer de sentir une blessure jusqu’au fond du coeur, tant son air et l’altération de son teint trahissaient l’angoisse de son âme.17 En proie à la frayeur et au tremblement dans tout son corps, cet homme manifestait à ceux qui le regardaient la souffrance installée dans son coeur.18 Des gens se précipitaient par groupes hors des maisons pour prier tous ensemble parce que le saint lieu était menacé d’opprobre.19 Les femmes, ceintes de sacs au-dessous des seins, remplissaient les rues ; les jeunes filles qui étaient tenues à la maison couraient, les unes aux portes, les autres sur les murs, certaines se penchaient aux fenêtres :20 toutes, les mains tendues vers le ciel, proféraient leur supplication.21 C’était pitié de voir la prostration confuse de la multitude et l’appréhension du grand prêtre en proie à une grande inquiétude.22 Pendant que d’un côté on demandait au Seigneur tout-puissant de garder intacts, en toute sûreté, les dépôts à ceux qui les avaient confiés,23 Héliodore, d’autre part, exécutait ce qui avait été décidé.24 Il était déjà là avec ses satellites, près du Trésor, lorsque le Souverain des Esprits et de toute Puissance se manifesta, avec un tel éclat que tous ceux qui avaient osé entrer là, frappés par la force de Dieu, se trouvèrent sans vigueur ni courage.25 A leurs yeux apparut un cheval monté par un redoutable cavalier et richement caparaçonné ; bondissant avec impétuosité, il agitait contre Héliodore ses sabots de devant. L’homme qui le montait paraissait avoir une armure d’or.26 Deux autres jeunes hommes lui apparurent en même temps, d’une force remarquable, éclatants de beauté, couverts d’habits magnifiques ; s’étant placés l’un d’un côté, l’autre de l’autre, ils le flagellaient sans relâche, lui portant une grêle de coups.27 Héliodore, soudain tombé à terre, fut environné d’épaisses ténèbres. On le ramassa pour le mettre dans une litière,28 et cet homme, qui venait d’entrer dans la chambre dudit Trésor avec un nombreux entourage et tous ses gardes du corps, fut emporté, incapable de s’aider lui-même, par des gens qui reconnaissaient ouvertement la souveraineté de Dieu.29 Pendant que cet homme, sous le coup de la puissance divine, gisait sans voix, privé de tout espoir et de tout secours,30 les autres bénissaient le Seigneur qui avait miraculeusement glorifié son saint lieu. Et le sanctuaire, qui un instant auparavant était plein de frayeur et de trouble, fut, par la manifestation du Seigneur tout-puissant, débordant de joie et d’allégresse.31 Certains des compagnons d’Héliodore s’empressèrent de demander à Onias de prier le Très-Haut et d’accorder la vie à celui qui gisait n’ayant plus qu’un souffle.32 Dans la crainte que le roi ne soupçonnât par hasard les Juifs d’avoir joué un mauvais tour à Héliodore, le grand prêtre offrit un sacrifice pour le retour de cet homme à la vie.33 Alors que le grand prêtre offrait le sacrifice d’expiation, les mêmes jeunes hommes apparurent à Héliodore revêtus des mêmes habits, et, se tenant debout, lui dirent : « Rends mille actions de grâces au grand prêtre Onias, car c’est en considération de lui que le Seigneur t’accorde la vie sauve.34 Quant à toi, ainsi fustigé du Ciel, annonce à tous la grandeur de la force de Dieu. » Ayant dit ces paroles, ils disparurent.35 Héliodore, ayant offert un sacrifice au Seigneur et fait les plus grands voeux à celui qui lui avait conservé la vie, prit amicalement congé d’Onias et revint avec son armée auprès du roi.36 Il rendait témoignage à tous des oeuvres du Dieu très grand qu’il avait contemplées de ses yeux.37 Au roi lui demandant quel homme lui paraissait propre à être envoyé une fois encore à Jérusalem, Héliodore répondit :38 « Si tu as quelque ennemi ou quelque conspirateur contre l’Etat, envoie-le là-bas et il te reviendra déchiré par les fouets, si toutefois il en réchappe, car il y a vraiment pour le lieu saint une puissance toute particulière de Dieu.39 Celui qui a sa demeure dans le ciel veille sur ce lieu et le protège ; ceux qui y viennent avec de mauvais desseins, il les frappe et les fait périr. »40 C’est ainsi que se passèrent les choses relatives à Héliodore et à la sauvegarde du trésor sacré.
Tobie 3,1-17
Posted in attributs et noms divins, bénédiction, chemin (voie du Seigneur), commandements (préceptes, décrets), déportation (captif, exil), diable (démons, serpent), Dieu écoute, exauce, eternité (vie éternel), face de Dieu (visage), faire mémoire (mémorial, solennité), gloire de Dieu, grâce (froment, vin nouveau, huile fraîche), humilité (humble), jugement, justice (justification, juste), lamentation (deuil), lumière (lampe), mettre à l'épreuve (soumettre à la tentation), obéissance (désobéissance), oeuvre du Seigneur, omniscience divine, pardon (miséricorde, pitié), parole de Dieu (vivante), péché (faute), péché originel, poussière (cendre, glaise), prière de demande, prière de libération, shéol (hades, séjour des morts), vérité, Yahvé (nom du Seigneur, Je Suis) with tags Tobie on 24 novembre 2013 by JLL’âme désolée, je soupirai, je pleurai, et je commençai cette prière de lamentation :2 Tu es juste, Seigneur, et toutes tes oeuvres sont justes. Toutes tes voies sont grâce et vérité, et tu es le Juge du monde.3 Et maintenant, toi, Seigneur, souviens-toi de moi, regarde-moi. Ne me punis pas pour mes péchés, ni pour mes ignorances, ni pour celles de mes pères. Car nous avons péché devant toi4 et violé tes commandements ; et tu nous as livrés au pillage, à la captivité et à la mort, à la fable, à la risée et au blâme de tous les peuples où tu nous as dispersés.5 Et maintenant, tous tes décrets sont vrais, quand tu me traites selon mes fautes et celles de mes pères. Car nous n’avons pas obéi à tes ordres, ni marché en vérité devant toi.6 Et maintenant, traite-moi comme il te plaira, daigne me retirer la vie : je veux être délivré de la terre et redevenir terre. Car la mort vaut mieux pour moi que la vie. J’ai subi des outrages sans raison, et j’ai une immense douleur ! Seigneur, j’attends que ta décision me délivre de cette épreuve. Laisse-moi partir au séjour éternel, ne détourne pas ta face de moi, Seigneur. Car mieux vaut mourir que passer ma vie en face d’un mal inexorable, et je ne veux plus m’entendre outrager.7 Le même jour, il advint que Sarra, fille de Ragouël, habitant d’Ecbatane en Médie, entendit aussi les insultes d’une servante de son père.8 Il faut savoir qu’elle avait été donnée sept fois en mariage, et qu’Asmodée, le pire des démons, avait tué ses maris l’un après l’autre, avant qu’ils se soient unis à elle comme de bons époux. Et la servante de dire : « Oui, c’est toi qui tues tes maris ! En voilà déjà sept à qui tu as été donnée, et tu n’as pas eu de chance une seule fois !9 Si tes maris sont morts, ce n’est pas une raison pour nous châtier ! Va donc les rejoindre, qu’on ne voie jamais de toi ni garçon ni fille ! « 10 Ce jour-là, elle eut du chagrin, elle sanglota, elle monta dans la chambre de son père, avec le dessein de se pendre. Puis, à la réflexion, elle pensa : « Et si l’on blâmait mon père ? On lui dira : Tu n’avais qu’une fille chérie, et, de malheur, elle s’est pendue ! Je ne veux pas affliger la vieillesse de mon père jusqu’au séjour des morts. Je ferais mieux de ne pas me pendre, et de supplier le Seigneur de me faire mourir, afin que je n’entende plus d’insultes pendant ma vie. »11 A l’instant, elle étendit les bras du côté de la fenêtre, elle pria ainsi : Tu es béni, Dieu de miséricorde ! Que ton Nom soit béni dans les siècles, et que toutes tes oeuvres te bénissent dans l’éternité !12 Et maintenant, je lève mon visage et je tourne les yeux vers toi.13 Que ta parole me délivre de la terre, je ne veux plus m’entendre outrager !14 Tu le sais, toi, Seigneur, je suis restée pure, aucun homme ne m’a touchée,15 je n’ai pas déshonoré mon nom, ni celui de mon père, sur ma terre d’exil. Je suis la fille unique de mon père, il n’a pas d’autre enfant pour héritier, il n’a pas de frère auprès de lui, il ne lui reste aucun parent, à qui je doive me réserver. J’ai perdu déjà sept maris, pourquoi devrai-je vivre encore ? S’il te déplaît de me faire mourir, regarde-moi avec pitié, je ne veux plus m’entendre outrager !16 Cette fois-ci, leur prière, à l’un et à l’autre, fut agréée devant la Gloire de Dieu,17 et Raphaël fut envoyé pour les guérir tous les deux. Il devait enlever les taches blanches des yeux de Tobit, pour qu’il voie de ses yeux la lumière de Dieu ; et il devait donner Sarra, fille de Ragouël, en épouse à Tobie, fils de Tobit, et la dégager d’Asmodée, le pire des démons. Car c’est à Tobie qu’elle revenait de droit, avant tous les autres prétendants. A ce moment-là, Tobit rentrait de la cour dans la maison ; et Sarra, fille de Ragouël, de son côté, était en train de descendre de la chambre.