Archive pour Sagesse

Sagesse 19,1-22

Posted in châtiment, colonne de nuée et de feu, convoitise (envie), eaux innombrables (négatives), etranger (terre étrangère), faire mémoire (mémorial, solennité), impiété, initiative divine, libération (délivrance, joug), peuple de Dieu (Israel, Juda), purgatoire, rétribution (mérite), ténèbre with tags on 29 janvier 2014 by JL

Mais sur les impies s'abattit jusqu'au bout un impitoyable courroux, car Il savait à l'avance ce qu'ils allaient faire,2 et qu'après avoir permis aux siens de s'en aller et pressé leur départ, ils changeraient d'avis et les poursuivraient.3 De fait, ils étaient encore occupés à leurs deuils et ils se lamentaient auprès des tombes de leurs morts, quand ils imaginèrent un autre dessein de folie et se mirent à poursuivre comme des fugitifs ceux qu'avec des supplications ils avaient expulsés.4 Un juste destin les poussait à cette extrémité et il leur inspira l'oubli du passé : ils ajouteraient ainsi le châtiment qui manquait à leurs tortures5 et, tandis que ton peuple ferait l'expérience d'un voyage merveilleux, eux-mêmes trouveraient une mort insolite.6 Car la création entière, en sa propre nature, était encore de nouveau façonnée, se soumettant à tes ordres, pour que tes enfants fussent gardés indemnes.7 On vit la nuée couvrir le camp de son ombre, la terre sèche émerger de ce qui était l'eau, la mer Rouge devenir un libre passage, les flots impétueux une plaine verdoyante,8 par où ceux que protégeait ta main passèrent comme un seul peuple, en contemplant d'admirables prodiges.9 Comme des chevaux, ils étaient à la pâture, comme des agneaux, ils bondissaient, en te célébrant, Seigneur, toi leur libérateur.10 Ils se souvenaient encore des événements de leur exil, comment la terre, et non des animaux, avait produit des moustiques, et comment le Fleuve, et non des êtres aquatiques, avait vomi une multitude de grenouilles.11 Plus tard, ils virent encore un nouveau mode de naissance pour les oiseaux, quand, poussés par la convoitise, ils réclamèrent des mets délicats :12 pour les satisfaire, des cailles montèrent pour eux de la mer.13 Mais les châtiments s'abattirent sur les pécheurs, non sans avoir été signalés à l'avance par de violents coups de tonnerre, et c'est en toute justice qu'ils souffraient pour leurs propres crimes ; car ils avaient montré une haine de l'étranger par trop cruelle.14 D'aucuns, en effet, n'avaient pas accueilli les inconnus qui leur arrivaient, mais eux réduisaient en servitude des hôtes bienfaisants.15 Bien plus, et certes il y aura pour ceux-là un châtiment, puisqu'ils ont reçu les étrangers d'une manière hostile,…16 mais ceux-ci, après avoir reçu avec des fêtes ceux qui déjà partageaient les mêmes droits qu'eux, les ont ensuite accablés de terribles travaux.17 Aussi furent-ils frappés de cécité, comme ceux-là aux portes du juste, lorsque, enveloppés de ténèbres béantes, ils cherchaient chacun l'accès de sa porte.18 Ainsi les éléments étaient différemment accordés entre eux, comme, sur la harpe, les notes modifient la nature du rythme tout en conservant le même son ; ce qu'on peut se représenter exactement en regardant ce qui est arrivé :19 des animaux terrestres devenaient aquatiques, ceux qui nagent se déplaçaient sur la terre ;20 le feu renforçait dans l'eau sa propre vertu, et l'eau oubliait son pouvoir d'éteindre ;21 en revanche, les flammes ne consumaient pas les chairs d'animaux fragiles qui s'y aventuraient ; et elles ne faisaient pas fondre l'aliment divin, semblable à de la glace et si facile à fondre !22 Oui, de toutes manières, Seigneur, tu as magnifié ton peuple et tu l'as glorifié ; tu n'as pas négligé, en tout temps et en tout lieu, de l'assister !

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Sagesse 18,1-25

Posted in allégorie et référence christique, alliance, béatitude (bonheur), châtiment, chemin (voie du Seigneur), ciel (cieux), colère de Dieu, désert (ascèse, dépouillement), diable (démons, serpent), eaux innombrables (négatives), encens (odeur agréable à Dieu), fécondité (prospérité, postérité), justice (justification, juste), loi, lumière (lampe), ministère, pardon (miséricorde, pitié), parole de Dieu (vivante), passage de la mort, Père et Fils, peuple de Dieu (Israel, Juda), puissance divine, rétribution (mérite), royaume de Dieu, royauté du Christ, sacrifice pour les péchés (expiation), salut (rachat, rédemption), serment (vœux), ténèbre, vision (songe, extase) with tags on 29 janvier 2014 by JL

Cependant pour tes saints il y avait une très grande lumière. Les autres, qui entendaient leur voix sans voir leur figure, les proclamaient heureux de n'avoir pas eux-mêmes souffert,2 ils leur rendaient grâce de ne pas sévir, après avoir été maltraités, et leur demandaient pardon pour leur attitude hostile.3 Au lieu de ces ténèbres, tu donnas aux tiens une colonne flamboyante, pour leur servir de guide en un voyage inconnu, de soleil inoffensif en leur glorieuse migration.4 Mais ceux-là méritaient bien d'être privés de lumière et d'être prisonniers des ténèbres, qui avaient gardé enfermés tes fils, par qui devait être donnée au monde l'incorruptible lumière de la Loi.5 Comme ils avaient résolu de tuer les petits enfants des saints, et que, des enfants exposés, un seul avait été sauvé, tu leur enlevas, pour les châtier, la multitude de leurs enfants et tu les fis périr tous ensemble dans l'eau impétueuse.6 Cette nuit-là fut à l'avance connue de nos pères, pour que, sachant d'une manière sûre à quels serments ils avaient cru, ils aient bon courage.7 Ton peuple attendit et le salut des justes et la perte des ennemis ;8 car, par la vengeance même que tu tiras de nos adversaires, tu nous glorifias en nous appelant à toi.9 Aussi les saints enfants des bons sacrifiaient-ils en secret et ils établirent d'un commun accord cette loi divine, que les saints partageraient également biens et périls ; et ils entonnaient déjà les cantiques des Pères.10 La clameur discordante de leurs ennemis faisait écho, et les accents plaintifs de ceux qui se lamentaient sur leurs enfants se répandaient au loin.11 Un même châtiment frappait esclave et maître, l'homme du peuple endurait les mêmes souffrances que le roi.12 Tous donc pareillement, frappés du même trépas, eurent des morts innombrables. Les vivants ne suffisaient plus aux funérailles, car, en un instant, leur plus précieuse descendance avait été détruite.13 Ainsi, ceux que des sortilèges avaient rendus absolument incrédules confessèrent, devant la perte de leurs premiers-nés, que ce peuple était fils de Dieu.14 Alors qu'un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide,15 du haut des cieux, ta Parole toute-puissante s'élança du trône royal, guerrier inexorable, au milieu d'une terre vouée à l'extermination. Portant pour glaive aigu ton irrévocable décret,16 elle s'arrêta et remplit de mort l'univers ; elle touchait au ciel et se tenait sur la terre.17 Alors brusquement des apparitions en des songes terribles les épouvantèrent, des peurs inattendues les assaillirent.18 Jetés à demi morts, l'un d'un côté, l'autre de l'autre, ils faisaient savoir pour quelle raison ils mouraient,19 car les songes qui les avaient troublés les en avaient avertis d'avance, afin qu'ils ne périssent pas sans savoir pourquoi ils subissaient le mal.20 Cependant l'épreuve de la mort atteignit aussi les justes et une multitude fut frappée au désert. Mais la colère ne dura pas longtemps,21 car un homme irréprochable se hâta de les défendre. Prenant les armes de son ministère, prière et encens expiatoire, il affronta le Courroux et mit un terme au fléau, montrant qu'il était ton serviteur.22 Il vainquit l'Animosité, non par la vigueur du corps, non par la puissance des armes ; c'est par la parole qu'il eut raison de celui qui châtiait, en rappelant les serments faits aux Pères et les alliances.23 Alors que déjà les morts s'entassaient par monceaux, il s'interposa, arrêta la Colère, et lui barra le chemin des vivants.24 Car sur sa robe talaire était le monde entier, les noms glorieux des Pères étaient gravés sur les quatre rangées de pierres, et sur le diadème de sa tête il y avait ta Majesté.25 Devant cela l'Exterminateur recula, il en eut peur ; la seule expérience de la Colère suffisait.

Sagesse 17,1-21

Posted in allégorie (analogie), diable (démons, serpent), enfer (géhenne, vallée du Cédron), eternité (vie éternel), impiété, jugement, providence, shéol (hades, séjour des morts), ténèbre with tags on 29 janvier 2014 by JL

Oui, tes jugements sont grands et inexplicables, c'est pourquoi des âmes sans instruction se sont égarées.2 Alors que des impies s'imaginaient tenir en leur pouvoir une nation sainte, devenus prisonniers des ténèbres, dans les entraves d'une longue nuit, ils gisaient enfermés sous leurs toits, bannis de la providence éternelle.3 Alors qu'ils pensaient demeurer cachés avec leurs péchés secrets, sous le sombre voile de l'oubli, ils furent dispersés, en proie à de terribles frayeurs, épouvantés par des fantômes.4 Car le réduit qui les abritait ne les préservait pas de la peur ; des bruits effrayants retentissaient autour d'eux, et des spectres lugubres, au visage morne, leur apparaissaient.5 Aucun feu n'avait assez de force pour les éclairer, et l'éclat étincelant des étoiles ne parvenait pas à illuminer cette horrible nuit.6 Seule brillait pour eux une masse de feu qui s'allumait d'elle-même, semant la peur, et, terrifiés, une fois disparue cette vision, ils tenaient pour pire ce qu'ils venaient de voir.7 Les artifices de l'art magique demeuraient impuissants, et sa prétention à l'intelligence était honteusement confondue ;8 car ceux qui promettaient de bannir de l'âme malade les terreurs et les troubles étaient eux-mêmes malades d'une peur ridicule.9 Même si rien d'effrayant ne leur faisait peur, les passages de bestioles et les sifflements de reptiles les frappaient de panique,10 ils périssaient, tremblants de frayeur, et refusant même de regarder cet air, que d'aucune manière on ne peut fuir.11 Car la perversité s'avère singulièrement lâche et se condamne elle-même ; pressée par la conscience, toujours elle grossit les difficultés.12 La peur en effet n'est rien d'autre que la défaillance des secours de la réflexion ;13 moins on compte intérieurement sur eux, plus on trouve grave d'ignorer la cause qui provoque le tourment.14 Pour eux, durant cette nuit vraiment impuissante, sortie des profondeurs de l'Hadès impuissant, endormis d'un même sommeil,15 ils étaient tantôt poursuivis par des spectres monstrueux, tantôt paralysés par la défaillance de leur âme ; car une peur subite et inattendue les avait envahis.16 Ainsi encore, celui qui tombait là, quel qu'il fût, se trouvait emprisonné, enfermé dans cette geôle sans verrous.17 Qu'on fût laboureur ou berger, ou qu'on fût occupé à des travaux dans le désert, surpris, on subissait l'inéluctable nécessité ;18 car tous avaient été liés par une même chaîne de ténèbres. Le vent qui siffle, le chant mélodieux des oiseaux dans les rameaux touffus, le bruit cadencé d'une eau coulant avec violence,19 le rude fracas des pierres dégringolant, la course invisible d'animaux bondissants, le rugissement des bêtes les plus sauvages, l'écho se répercutant au creux des montagnes, tout les terrorisait et les paralysait.20 Car le monde entier était éclairé par une lumière étincelante et vaquait librement à ses travaux ;21 sur eux seuls s'étendait une pesante nuit, image des ténèbres qui devaient les recevoir. Mais ils étaient à eux-mêmes plus pesants que les ténèbres.

Sagesse 16,1-29

Posted in allégorie et référence christique, ange (chérubins), châtiment, ciel (cieux), colère de Dieu, diable (démons, serpent), impiété, jugement, libération (délivrance, joug), manne (pain du ciel), parole de Dieu (vivante), passage de la mort, purgatoire, salut (rachat, rédemption), sauveur (rédempteur), shéol (hades, séjour des morts) with tags on 28 janvier 2014 by JL

Voilà pourquoi ils ont été châtiés justement par des êtres semblables, et torturés par une multitude de bestioles.2 Au lieu de ce châtiment, tu as accordé un bienfait à ton peuple pour satisfaire son ardent appétit, c'est un aliment merveilleux — des cailles ! — que tu lui as préparé pour nourriture ;3 si bien que, malgré leur désir de manger, ceux-là, devant l'aspect repoussant des bêtes envoyées contre eux, perdirent jusqu'à leur appétit naturel, tandis que ceux-ci, après avoir un peu de temps connu la disette, eurent en partage un aliment merveilleux.4 Car il fallait que sur ceux-là, les oppresseurs, s'abattît une irrémédiable disette ; il suffisait à ceux-ci qu'on leur montrât comment leurs ennemis étaient torturés.5 Et même lorsque s'abattit sur eux la fureur terrible de bêtes féroces, et qu'ils périssaient sous les morsures de serpents tortueux, ta colère ne dura pas jusqu'au bout ;6 mais c'est par manière d'avertissement et pour peu de temps qu'ils furent inquiétés, et ils avaient un signe de salut pour leur rappeler le commandement de ta Loi,7 car celui qui se tournait vers lui était sauvé, non par ce qu'il avait sous les yeux, mais par toi, le Sauveur de tous.8 Et par là tu prouvas à nos ennemis que c'est toi qui délivres de tout mal ;9 eux, en effet, les morsures de sauterelles et de mouches les tuèrent, sans qu'on trouvât de remède pour leur sauver la vie, car ils méritaient d'être châtiés par de telles bêtes,10 tandis que tes fils, même les dents de serpents venimeux n'en eurent pas raison ; car ta miséricorde leur vint en aide et les guérit.11 Ainsi tes oracles leur étaient rappelés par des coups d'aiguillon, bien vite guéris, de peur que, tombés dans un profond oubli, ils ne fussent exclus de ta bienfaisance.12 Et de fait, ce n'est ni herbe ni émollient qui leur rendit la santé, mais ta parole, Seigneur, elle qui guérit tout !13 Oui, c'est toi qui as pouvoir sur la vie et sur la mort, qui fais descendre aux portes de l'Hadès et en fais remonter.14 L'homme, dans sa malice, peut bien tuer, mais il ne ramène pas le souffle une fois parti, et ne libère pas l'âme que l'Hadès a reçue.15 Il est impossible d'échapper à ta main.16 Les impies qui refusaient de te connaître furent fustigés par la force de ton bras ; pluies insolites, grêle, averses inexorables les assaillirent, et le feu les consuma.17 Car voici le plus étrange : dans l'eau, qui éteint tout, le feu n'avait que plus d'ardeur ; l'univers en effet combat pour les justes.18 Tantôt en effet la flamme s'apaisait, de peur de brûler complètement les animaux envoyés contre les impies, et pour leur faire comprendre, à cette vue, qu'ils étaient poursuivis par un jugement de Dieu ;19 tantôt, au sein même de l'eau, elle brûlait avec plus de force que le feu, pour détruire les produits d'une terre inique.20 Au contraire, c'est une nourriture d'anges que tu as donnée à ton peuple, et c'est un pain tout préparé que, du ciel, tu leur as fourni inlassablement, un pain capable de procurer toutes les délices et de satisfaire tous les goûts ;21 Et la substance que tu donnais manifestait ta douceur envers tes enfants, et, s'accommodant au goût de celui qui la prenait, elle se changeait en ce que chacun voulait.22 Neige et glace supportaient le feu sans fondre : on saurait ainsi que c'était pour détruire les récoltes des ennemis, que le feu brûlait au milieu de la grêle et flamboyait sous la pluie,23 tandis qu'au contraire, pour respecter la nourriture des justes, il oubliait jusqu'à sa propre vertu.24 Car la création qui est à ton service, à toi, son Créateur, se tend à fond pour le châtiment des injustes et se détend pour faire du bien à ceux qui se confient en toi,25 C'est pourquoi, alors aussi, en se changeant en tout, elle se mettait au service de ta libéralité, nourricière universelle, selon le désir de ceux qui étaient dans le besoin ;26 ainsi tes fils que tu as aimés, Seigneur, l'apprendraient : ce ne sont pas les diverses espèces de fruits qui nourrissent l'homme, mais c'est ta parole qui conserve ceux qui croient en toi.27 Car ce qui n'était pas détruit par le feu fondait à la simple chaleur d'un bref rayon de soleil,28 afin que l'on sache qu'il faut devancer le soleil pour te rendre grâce, et te rencontrer dès le lever du jour ;29 l'espoir de l'ingrat fond, en effet, comme le givre hivernal, comme une eau inutile, il s'écoule.

Sagesse 15,1-19

Posted in attributs et noms divins, bénédiction, bonté divine (amour de Dieu), colère de Dieu, idolâtrie, immortalité de l'âme (souffle de vie), pardon (miséricorde, pitié), vérité with tags on 28 janvier 2014 by JL

Mais toi, notre Dieu, tu es bon et vrai, lent à la colère et gouvernant l'univers avec miséricorde.2 Si nous péchons, nous sommes à toi, car nous connaissons ton pouvoir, mais nous ne pécherons pas, sachant que nous sommes comptés pour tiens.3 Te connaître, en effet, est la justice intégrale, et savoir quel est ton pouvoir est la racine de l'immortalité.4 Non, les inventions humaines d'un art pervers ne nous ont pas égarés, ni le travail stérile des peintres, ces figures barbouillées de couleurs disparates,5 dont la vue éveille la passion chez les insensés et leur fait désirer la forme inanimée d'une image morte.6 Amants du mal et dignes de tels espoirs, et ceux qui les font, et ceux qui les désirent, et ceux qui les adorent !7 Voici donc un potier qui laborieusement pétrit une terre molle et modèle chaque objet pour notre usage. De la même argile il a modelé les vases destinés à de nobles emplois et ceux qui auront un sort contraire, tous pareillement ; mais dans chacun des deux groupes, quel sera l'usage de chacun, c'est celui qui travaille l'argile qui en est juge.8 Puis — peine bien mal employée ! — de la même argile il modèle une divinité vaine, lui qui, depuis peu né de la terre, retournera sous peu à la terre dont il fut pris, quand on lui redemandera l'âme qui lui a été prêtée.9 Cependant il ne se soucie pas de ce qu'il doit mourir et qu'il a une vie brève, mais il rivalise avec les orfèvres et les fondeurs d'argent, il imite ceux qui coulent le bronze, il met sa gloire à modeler du faux.10 Cendres, que son coeur ! plus vil que la terre, son espoir ! plus misérable que l'argile, sa vie !11 Car il a méconnu Celui qui l'a modelé, qui lui a insufflé une âme agissante et inspiré un souffle vital ;12 Mais il a estimé que notre vie est un jeu d'enfant, et notre existence une foire à profits : « Il faut gagner, dit-il, par tous les moyens, même mauvais. »13 Oui, plus que tout autre, celui-là sait qu'il pèche, lui qui, d'une matière terreuse, fabrique des vases fragiles et des statues d'idoles.14 Mais ils sont tous très insensés et plus infortunés que l'âme d'un petit enfant, ces ennemis de ton peuple qui l'ont opprimé ;15 en effet, ils ont tenu aussi pour dieux toutes les idoles des nations, qui n'ont ni l'usage des yeux pour voir, ni de narines pour aspirer l'air, ni d'oreilles pour entendre, ni de doigts aux mains pour palper, et dont les pieds ne servent à rien pour marcher.16 Car c'est un homme qui les a faites, un être au souffle d'emprunt qui les a modelées ; nul homme, en effet, n'est capable de modeler un dieu qui lui soit semblable ;17 mortel, c'est une chose morte qu'il produit de ses mains impies. Il vaut mieux, certes, que les objets qu'il adore : lui du moins aura vécu, eux jamais !18 Et ils adorent même les bêtes les plus odieuses ; car en fait de stupidité, elles sont pires que les autres.19 Et pour autant qu'on puisse éprouver du désir à la vue d'animaux, rien de beau ne s'y trouve, ils échappent à l'éloge de Dieu et à sa bénédiction.

Sagesse 14,1-31

Posted in abomination, adultère (luxure, prostitution), châtiment, convoitise (envie), idolâtrie, impiété, oeuvre du Seigneur, péché originel, pur et impur (souillure), serment (vœux), Yahvé (nom du Seigneur, Je Suis) with tags on 28 janvier 2014 by JL

Tel autre qui prend la mer pour traverser les flots farouches invoque à grands cris un bois plus fragile que le bateau qui le porte.2 Car ce bateau, c’est la soif du gain qui l’a conçu, c’est la sagesse artisane qui l’a construit ;3 mais c’est ta Providence, ô Père, qui le pilote, car tu as mis un chemin jusque dans la mer, et dans les flots un sentier assuré,4 montrant que tu peux sauver de tout, en sorte que, même sans expérience, on puisse embarquer.5 Tu ne veux pas que les oeuvres de ta Sagesse soient stériles ; c’est pourquoi les hommes confient leur vie même à un bois minuscule, traversent les vagues sur un radeau et demeurent sains et saufs.6 Et de fait, aux origines, tandis que périssaient les géants orgueilleux, l’espoir du monde se réfugia sur un radeau et, piloté par ta main, laissa aux siècles futurs le germe d’une génération nouvelle.7 Car il est béni, le bois par lequel advient la justice,8 mais maudite l’idole fabriquée, elle et celui qui l’a faite, lui, pour y avoir travaillé, et elle parce que, corruptible, elle a été appelée dieu.9 Car Dieu déteste également l’impie et son impiété,10 et l’oeuvre sera châtiée avec l’ouvrier.11 Aussi y aura-t-il une visite même pour les idoles des nations, parce que, dans la création de Dieu, elles sont devenues une abomination, un scandale pour les âmes des hommes, un piège pour les pieds des insensés.12 L’idée de faire des idoles a été l’origine de la fornication, leur découverte a corrompu la vie.13 Car elles n’existaient pas à l’origine, et elles n’existeront pas toujours ;14 c’est par la vanité des hommes qu’elles ont fait leur entrée dans le monde, aussi bien une prompte fin leur a-t-elle été réservée.15 Un père que consumait un deuil prématuré a fait faire une image de son enfant si tôt ravi, et celui qui hier encore n’était qu’un homme mort, il l’honore maintenant comme un dieu et il transmet aux siens des mystères et des rites,16 puis avec le temps la coutume se fortifie et on l’observe comme loi. C’est encore sur l’ordre des souverains que les images sculptées recevaient un culte :17 des hommes qui ne pouvaient les honorer en personne, parce qu’ils habitaient à distance, représentèrent leur lointaine figure et firent une image visible du roi qu’ils honoraient ; ainsi, grâce à ce zèle, on flatterait l’absent comme s’il était présent.18 Ceux-là mêmes qui ne le connaissaient pas furent amenés par l’ambition de l’artiste à étendre son culte ;19 car, désireux sans doute de plaire au maître, il força son art à faire plus beau que nature,20 et la foule, attirée par le charme de l’oeuvre, considéra désormais comme un objet d’adoration celui que naguère on honorait comme un homme.21 Et voilà qui devint un piège pour la vie : que des hommes, asservis au malheur ou au pouvoir, eussent conféré à des pierres et à des morceaux de bois le Nom incommunicable.22 En outre il ne leur a pas suffi d’errer au sujet de la connaissance de Dieu ; mais alors que l’ignorance les fait vivre dans une grande guerre, ils donnent à de tels maux le nom de paix !23 Avec leurs rites infanticides, leurs mystères occultes, ou leurs orgies furieuses aux coutumes extravagantes,24 ils ne gardent plus aucune pureté ni dans la vie ni dans le mariage, l’un supprime l’autre insidieusement ou l’afflige par l’adultère.25 Partout, pêle-mêle, sang et meurtre, vol et fourberie, corruption, déloyauté, trouble, parjure,26 confusion des gens de bien, oubli des bienfaits, souillure des âmes, crimes contre nature, désordres dans le mariage, adultère et débauche.27 Car le culte des idoles sans nom est le commencement, la cause et le terme de tout mal.28 Ou bien en effet ils poussent leurs réjouissances jusqu’au délire, ou bien ils prophétisent le mensonge, ou ils vivent dans l’injustice, ou ils ont tôt fait de se parjurer :29 comme ils mettent leur confiance en des idoles sans vie, ils n’attendent aucun préjudice de leurs faux serments.30 Mais de justes arrêts les frapperont pour ce double crime : parce qu’ils ont mal pensé de Dieu en s’attachant à des idoles, parce qu’ils ont juré frauduleusement contre la justice, au mépris de la sainteté.31 Car ce n’est pas la puissance de ceux par qui l’on jure, mais le châtiment réservé aux pécheurs qui poursuit toujours la transgression des injustes.

Sagesse 13,1-19

Posted in créateur (création), idolâtrie, oeuvre du Seigneur, puissance divine, transcendance de Dieu, Yahvé (nom du Seigneur, Je Suis) with tags on 28 janvier 2014 by JL

Oui, vains par nature tous les hommes en qui se trouvait l’ignorance de Dieu, qui, en partant des biens visibles, n’ont pas été capables de connaître Celui-qui-est, et qui, en considérant les oeuvres, n’ont pas reconnu l’Artisan.2 Mais c’est le feu, ou le vent, ou l’air rapide, ou la voûte étoilée, ou l’eau impétueuse, ou les luminaires du ciel, qu’ils ont considérés comme des dieux, gouverneurs du monde !3 Que si, charmés de leur beauté, ils les ont pris pour des dieux, qu’ils sachent combien leur Maître est supérieur, car c’est la source même de la beauté qui les a créés.4 Et si c’est leur puissance et leur activité qui les ont frappés, qu’ils en déduisent combien plus puissant est Celui qui les a formés,5 car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur.6 Ceux-ci toutefois ne méritent qu’un blâme léger ; peut-être en effet ne s’égarent-ils qu’en cherchant Dieu et en voulant le trouver :7 versés dans ses oeuvres, ils les explorent et se laissent prendre aux apparences, tant ce qu’on voit est beauté !8 Et pourtant eux non plus ne sont point pardonnables :9 s’ils ont été capables d’acquérir assez de science pour pouvoir scruter le monde, comment n’en ont-ils pas plus tôt découvert le Maître !10 Mais malheureux sont-ils, avec leurs espoirs mis en des choses mortes, ceux qui ont appelé dieux des ouvrages de mains d’hommes, or, argent, traités avec art, figures d’animaux, ou pierre inutile, ouvrage d’une main antique.11 Et voici encore un bûcheron : il scie un arbre facile à manier, il en racle soigneusement toute l’écorce, il le travaille avec adresse, il en forme un objet propre aux usages de la vie.12 Quant aux déchets de son travail, il les emploie à préparer sa nourriture et il se rassasie.13 Et le déchet qui en reste et qui n’est bon à rien, un bois tordu et poussé tout en noeuds : il le prend et le sculpte avec l’application des heures de loisir, il le façonne, avec le savoir-faire des instants de détente ; il lui donne une figure humaine,14 ou bien il le fait semblable à quelque vil animal, le recouvre de vermillon, en rougit la surface à la sanguine, recouvre d’un enduit toutes ses taches.15 Puis il lui fait une habitation convenable, le place dans un mur et l’assure avec du fer.16 Ainsi veille-t-il à ce qu’il ne tombe pas, sachant bien qu’il est incapable de s’aider lui-même, car ce n’est qu’une image, et il a besoin d’aide !17 Pourtant, s’il veut prier pour ses biens, son mariage, ses enfants, il ne rougit pas d’adresser la parole à cet objet sans vie ; pour la santé, il invoque ce qui est faible,18 pour la vie, il implore ce qui est mort, pour un secours, il supplie ce qui a le moins d’expérience, pour un voyage, ce qui ne peut même pas se servir de ses pieds,19 pour un gain, une entreprise, le succès du travail de ses mains, il demande de la vigueur à ce qui n’a pas la moindre vigueur dans les mains !